Alors que j’étais plongée dans les très anciens registres de baptêmes de Saint-Maurille d’Angers, une curieuse inscription, que j’ai cru tout d’abord latine, a attiré mon intention. C’est ainsi que j’ai rencontré de très anciens triplés, baptisés en 1564 et prénommés respectivement Sidrach, Misach et Abdenago.

Le vingt cinquiesme jour de novembre 1564 furent baptisez Sidrach, Misach et Abdenago, fils de Me Claude Le BIGOT conseiller du roy et de damoyselle Françoise BROSSAY et furent parrains et marraines dudit Sydrach, monseigneur Jehan BUTIN docteur en médecine et René BROSSAY sieur de la Roullière et marraine Anne BONNEAU dame de la Varenne et dudit Mysach noble Françoys Le … prevosté d’Anjou et Me ?, marraine Saincte HARANG greffière de la prevosté et de Abdenago Me René APVRIL conseiller à Angers et André CUPIF sieur de Saint Hervé et marraine damoiselle Françoyse Le FOCHE dame de Venton.
Conformément à la coutume de ce temps-là, chaque petit garçon a reçu deux parrains et une marraine (voir ici), ce qui nous vaut pour la circonstance pas moins de neuf personnes, six hommes et trois femmes ! Je n’ai malheureusement pas relevé tous les actes de baptême des enfants du couple Claude LE BIGOT et Françoise BROSSAY mais il me semble – de mémoire – qu’ils en ont eu beaucoup !
Quant à leurs curieux prénoms, qui sont en chaldéen l’équivalent des prénoms hébreux Ananias, Azarias et Misaël, ils sont issus tout droit de la Bible, plus précisément du troisième chapitre du Livre de Daniel. Dans ce dernier en effet, Nabuchodonosor, roi de Babylone, jette au feu Sidrach, Misach et Abdenago, compagnons de Daniel, parce qu’ils refusent d’adorer une statue qu’il vient d’ériger ; Dieu envoie alors un ange pour les sauver de la fournaise ardente. Ces trois saints sont fêtés le 16 décembre, et Daniel le 17.

- Autre triplés relevés sur ce blog
- 1593, Seiches-sur-le-Loir (Une fille et ses frères baptisés à 4 heures d’intervalle) – Renée, Charles et Etienne GRESILLON.
- 1595, Feneu (Deux filles et un garçon issus d’une même ventrée…) – Enfants TOUZÉ.
- 1649, Joué-Etiau. (Trois filles : une jolie triplette !) – Catherine, Jeanne et Radegonde GODIN.
- 1650, Lasse. (Des triplés angevins) – Louis, Thomas et Marie AUBRY.
- Voir aussi – Naissance de triplés autrefois, Mode de vie aux 16è et 17è siècles, O. Halbert. [ Mentions de triplés en Anjou : 1610, Le Louroux-Béconnais. 1671, Mozé-sur-Louet.]

Sidrach, Misach et Abdenago, belle trouvaille !
Mais pourquoi ces prénoms chaldéens, ou plutôt, babyloniens ? Parce que probablement très fragiles, ils ont été mis sous la protection des 3 frères ? peut-être ?
Un conseil : lire le 3e chapitre de Daniel http://www.aelf.org/bible/Dn/3 avec le magnifique cantique des 3 enfants :
… Et vous, montagnes et collines, bénissez le Seigneur,
… Et vous, océans et rivières, bénissez le Seigneur,
baleines et bêtes de la mer, bénissez le Seigneur,
vous tous, les oiseaux dans le ciel, bénissez le Seigneur,
vous tous, fauves et troupeaux, bénissez le Seigneur
Et vous, les enfants des hommes, bénissez le Seigneur…
Et ces trois petits, sais-tu combien de temps ils ont vécu ?
J’aimeAimé par 1 personne
Je ne sais pas hélas combien de temps ces enfants ont-ils vécu ni pourquoi ils ont été appelés ainsi… Mais merci pour ce joli cantique !
J’aimeJ’aime
Ces triplés ont reçu des prénoms qui méritent bien des explications. Merci d’enrichir nos connaissances et de nous donner à lireun bela acte de baptême.
J’aimeAimé par 1 personne
Merci chère Briqueloup pour ce commentaire.
J’aimeAimé par 1 personne
Toujours étonnant de tomber sur des prénoms si inhabituels ! Au cours de mes recherches j’ai rencontré une famille Abdenago au XVIIe siècle. Là aussi le choix de ce nom n’est certainement pas innocent : famille protestante persécutée, contrainte à l’exil, peut-être se sont-ils reconnus dans cet épisode biblique.
J’aimeAimé par 1 personne
Je ne connais pas la raison du choix de ces prénoms, hélas, mais merci pour votre commentaire.
J’aimeJ’aime
Merci pour cet acte aux prénoms peu communs…
Quel plaisir de vous voir réapparaître après ce long silence !
J’aimeAimé par 1 personne
Ils ont reçu ces 3 prénoms parce qu’ils étaient 3
Le chiffre 3 évoque les 3 garçons portant ces prénoms, morts dans la fournaise pour avoir refusé d’adorer la statut d’or que Nabuchodonosor avait fait construire, selon l’Ancien Testament. J’ai personnellement un ascendant né en 1557 à Provins (77) portant ce prénom
Odile HALBERT
J’aimeAimé par 1 personne