E comme ETRICHÉ

  1. Situation
  2. Mes ancêtres originaires d’Etriché
  3. Histoires insolites à Etriché
  4. Etriché selon Célestin Port
  5. Quelques lieux-dits

Situation

Étriché est une commune du Maine-et-Loire (49), située dans le Baugeois en bordure de la rivière la Sarthe, à l’est de Juvardeil et au nord-est de Cheffes.

Mes ancêtres originaires d’Etriché

Selon Heredis, ce lieu est utilisé 143 fois dans mon arbre, mais seulement 16 fois pour des événements qui concernent mes ancêtres directs.

Le 25 décembre 1613, Noëlle CHOISY est baptisée à Etriché. Elle est la fille de Jean CHOISY et de Jeanne DONFRONT, dont je sais peu de choses et sur lesquels je m’interrogeais dans cet article.

Noëlle CHOISY épouse René FAULTRAIS, le 27 janvier 1639, à Etriché où leur premier enfant, Louis, est baptisé.

Pierre PILLIER, fils de Robert PILLIER et d’Isabelle SOULOU, a vécu toute sa vie à Etriché. Il y est baptisé, le 21 août 1631 et il s’y marie, 22 ans plus tard, le 13 juillet 1654. Son épouse, Jeanne CHASTEAUX, fille de René CHASTEAUX et de Guillemine LEMARCHAND, est issue de familles implantées sans doute depuis très longtemps à Etriché. Pierre PILLIER, qui aura au moins set enfants, s’éteint, relativement jeune, le 28 mai 1680.

Je reste un peu sur Jeanne CHATEAUX, car je découvre sur Geneanet qu’elle a été baptisée, non pas à Etriché comme je l’imaginais, mais à Daumeray, le 11 mars 1633. Je consulte son acte de baptême et je m’aperçois que son père, René CHATEAUX, est décédé avant sa naissance. Effectivement je découvre son acte de décès qui a eu lieu le 6 septembre 1632, toujours à Daumeray. Et c’est aussi à Daumeray que René CHATEAUX s’est marié avec Guillemine LEMARCHAND, le 3 juillet 1629. L’acte est filiatif et m’apporte les parents de René CHATEAUX, Gilles CHATEAUX et Perrine BUINEAU, premiers nouveaux ancêtres découverts grâce à ce challenge ! Espérons qu’il y en ait beaucoup d’autres !

Urbain RIFFLÉ, fils de Pierre RIFFLÉ et de Louise LETOURNEUX, est quant à lui baptisé à Etriché le 16 août 1639 mais il passera le reste de sa vie à TIercé. Ses parents s’étaient mariés à Etriché le 21 octobre 1635.

Principaux patronymes

BREHIERCHASTEAUX LEMARCHANDPILLIERRIFFLÉ ROBERT

Histoires insolites à Etriché

1605 – Naissance d’un enfant illégitime dans une étable.

1688 – La foudre tombe sur l’église d’Etriché.

1712 – Un homme est tué entre les roues d’un moulin.

1787 – Don à l’église d’Etriché par Melle Charlotte BREHIER.

Etriché selon Célestin Port

Etriché, commune de Durtal (19 kil.), arrondissement de Baugé (32 kil.) ; à 24 kil. d’Angers. – Locus qui appellatur Estrichiacus 1036-1056 (St-Serge, ch. or.). Estrichaius 1036-1056 (1er Cartul. St-Serge, p. 200). – Ecclesia de Estricheio 115-1124 (Cart. de la Röe, ch. 33 et 34). – Ecclesia de Striche (Liv. N. de St-Maurice, ch. 178). – Striche 114-1134 ( 2e Cart. St-Serge, p. 57). – Villa que dicitur Estrechium 1134-1150 (Ib., p.292). – Estrice 1207 (Ronc., ch. or.). – La ville d’Etriché 1426 (Arch. de la Mayenne, H 175, f. 7). – Sur la rive gauche de la Sarthe, entre Daumeray (7 kil.) au Nord, Brissarthe (7 kil.), Châteauneuf (5 kil.) et Juvardeil (4 kil.) à l’Ouest, Tiercé (4 kil. 1/2) au Sud et Baracé (6 kil. 1/2) à l’Est.

Les chemins de grande communication d’Angers à Morannes et de St-Laurent-des-Mortiers par Châteauneuf au Loir se bifurquent à l’entrée et à la sortie du bourg, qu’ils traversent confondus, l’un et l’autre reliés de nouveau vers Nord par la route nationale de La Flèche à Rennes, qui dessert du Nord-Est au Sud-Ouest l’extrémité du territoire (4 kil.), – route et chemins coupés transversalement par la ligne ferrée d’Angers au Mans, qui passe sur toute la longueur du Sud au Nord, en stationnant sur la commune, à 2 kiL du bourg.

La Sarthe limite vers Nord-Ouest et vers Sud-Ouest ; – y affluent le ruisseau du Plessis, – et la boire-d’Aneu, qui, née sur la commune, coule du Sud au Nord, passe sous le chemin de grande communication en pénétrant sur Châteauneuf, qu’elle limite, passe sous la route de La Flèche et se jette dans la Sarthe, à 1 kil. en amont de Châteauneuf.

En dépendant les villages et hameaux du Moulin d’Yvray (47 maisons, 127 hab.), du Pont-des-Boires (18 maisons, 51 hab.), de Pouveul et de la Chesnetière (10 maisons, 28 hab.), de la Haute-Grenière (9 maisons, 20 hab.), de la Pavardière (13 maisons, 37 hab.), de Ferrières (7 maisons, 36 hab.), de la Demancerie (6 maisons, 15 hab.), de la Gare (6 maisons, 23 hab.), partie du Porage (16 maisons, 55 hab.), le château du Plessis et 94 fermes ou écarts.

Superficie : 1960 hect. dont 47 hect. en vignes, 136 hect. en bois.

Population : 253 feux en 1726. – 1168 hab. en 1790. – 1198 hab. en 1831. – 1208 hab. en 1841. – 1221 hab. en 1851. – 1229 hab. en 1861. – 1250 hab. en 1866. – 1229 hab. en 1842, dont 427 au bourg (151 maisons, 155 ménages).

Assemblée très forte le dimanche qui suit la St-Pierre, le dernier de juin ou le premier de juillet. Elle se tenait il y a 60 ans à Ferrières. – Marché les dimances, créé par arrêté de décembre 1867.

Vins blancs estimés, cidre, céréales, houblon, noix, châtaignes, pommes, une huilerie : trois carrières de sable rouge au Pont-des-Boires.

Perception de Morannes. – Bureau de poste de Châteauneuf.

Mairie neuve à l’entrée du bourg, avec Ecole de garçons. – Ecole libre de filles (Soeurs de la Pommeraie).

L’Eglise, dédiée à St Hilaire de Poitiers (succursale 30 septembre 1807) est un édifice informe, sans intérêt, le pignon de la façade éclairé d’une croisée à meneau tréflé (XIVe siècle), la nef unique (15 mèt. 33 sur 9), où apparaît dans le mur le cintre avec accolade d’une porte condamnée ; à gauche une très belle chaire en bois sculpté (XVIIe siècle), dont les panneaux représentent les quatre Evangélistes et qui provient de l’ancienne église de Juvardeil. Le choeur (12 mèt. sur 5 m. 33) s’ouvre par un arceau dont les pieds droits portent les autels à droite de St-Sébastien, à gauche, de la Vierge. – Sur la gauche aussi se cache un enclos, avec fenêtre à meneau trilobé, la voûte brisée, mais où apparaissent encore les arcs ogivaux du XIVe siècle dont le Christ est difforme, mais la Vierge d’un art meilleur, – un St Pierre, et une Résurrection où le Christ tient à la main une bannière sur laquelle est écrit : Dieu fort. Une vénération particulière et très vive s’y rattache sous le titre de St Fort – et autrefois de St Guinefort. Ces trois statues proviennent du prieuré de Ferrières. Sur les parois, des panneaux de fausses colonnades cannelées à chapiteaux encadrent sans goût des faisceaux d’attributs divers et d’instruments de musique. – Un couloir communique à l’ancienne chapelle seigneuriale, ouvrant latéralement sur le choeur et où a été installée en 1871 une tribune pour les enfants. – A l’extérieur s’appuie le clocher, masse carrée, contrebuttée de hauts contreforts dont la base laisse entrevoir vers Sud une élégante fenêtre tréflée.

La cure avoisine vers Nord-Est l’église. L’ancienne cure, à quelques pas, au sortir du bourg, vers Sud, porte l’inscription : Jehan Chauvelier, prêtre, prieur-curé d’Estriché, m’a faict faire en l’an 1653. – Il en dépendant un vivier appelé au XVIIe siècle le vivier de Bologne. – A l’écart et à l’Est du bourg, une longue avenue mène au cimetière, bel et vaste enclos, au fond duquel une petite chapelle moderne porte inscrit sur le pignon : Ici reposent nos curés. Heureux ceux qui meurent dans le Seigneur. – A l’entrée du bourg, vers Tiercé, se rencontre une croix de pierre, dont le piédestal rappelle qu’il a été « le 13 mai 1823 pozé par François GOGUET. »

Aucune trace celtique n’est signalée dans le pays, mais il était traversé tout au moins par la voie latérale à la Sarthe, montant de Tiercé au Moulin-d’Yvray, de là aux Granges et au Porage.

L’église, dont le vocable, St Hilaire, fait présumer la fondation antique, fut donnée dans les premières années du XIIe siècle par l’évêque Rainaud de Martigné aux chanoines de Notre-Dame-du-Bois, c’est-à-dire à l’abbaye de la Röe, qui y constitua un prieuré-cure (1115-1124). Le patronage en appartenait à Geoffroy d’Aussigné et à Hugues de Baracé, de qui le reçut l’évêque Ulger pour le reporter aux chanoines.

Prieurs-Curés : Péan de Brie, 1479. – Louis de Villeblanche, 1521. – Simon de CHIVRÉ, 1542. – Jean SURREAU, 1576. – Vincent BESLIERE, 1601, 1606. – Michel CHARPENTIER, 1609. – François REVERDY, 1624. Jean CHAUVELLIER, 1642, mort le 24 mai 1662. – Charles GRAVÉ, juin 1662. – AUBERT, juin 1663. – François THEARD de la Guimerais, octobre 1663. En décembre 1665 il fit refaire le grand autel avec les libéralités de la dame du Plessis-de-Chivré. La non résidence de ses prédécesseurs et la négligence des vicaires avaient laissé les registres à l’abandon, si bien qu’il lui fallut recourir au registre personnel du chirurgien Jacques DUBOIS, pour y constater les décès et les faire certifier par le procureur fiscal du Plessis-de-Chivré. Il est inhumé dans le choeur le 13 février 1673.RICHARD, février 1673. – Louis THIBAULT, 1860, mort le 26 décembre 1705, âgé de 66 ans. Le 4 avril 1688, au moment où il descendait de la chaire après avoir fulminé un monitoire pour délits de chasse, la foudre tomba sur l’église et blessa grièvement 5 paroissiens. [Lire ici Eglise foudroyée]. – Thomas NEPVEU de la Hamardière, mars 1706, mort le 22 mai 1741, âgé de 64 ans. – Pierre-Silvain de la BOULLAYE, juillet 1741, mort le 7 mai 1749, âgé de 36 ans. – Pierre-René LOUVEL de Monceaux, prieur de St-Martin-de-Poilly, installé le 7 juin 1749, résignataire en septembre 1754. Il signe pour la dernière fois le 16 février 1755 : prieur de la Rouelle et curé de Guéhébert. – François-Girard DESROCHES, prieur-curé de Sainte-Croix de St-Lô, installé le 16 février 1755, janvier 1769. – GEHERE-LEPIN, deseervant le 16 février 1769, prieur-curé le 22 août, jusqu’au 2 juin 1791. – J. SIGOIGNE, 9 juillet 1791.

L’abbaye de la Roë possédait sur la paroisse un autre prieuré St-pierre de Ferrières. ( V. ce nom)

Le 21 septembre 1641 Pierre DUFAY, prêtre et sacriste de l’église, y fit une fondation qui obligeait un des prêtres « à instruire à son possible les enfants mâles de la paroisse » et à leur faire la leçon deux fois par jour, « apprenant aux uns les patenostres jusqu’à la fin des dix commandements, aux autres leurs Heures, aux autres du rudiment ou du Despautère, selon leur volonté ou leur capacité.  » En 1764 il y existait un maître d’école laïc et marié, Julien VITAL, par suite du délaissement de la fondation précédente ; – et dès la fin du XVIIe siècle, une école de filles, tenue par Perrine MAIGNAN, « économe de la Charité de la paroisse », à l’édification des « pauvres », morte le 5 mai 1704, âgée de 40 ans.

La paroisse avait pour seigneur-fondateur le châtelain du Plessis (V. ce mot). Elle dépendant de l’Archiprêtré et de l’Election de La Flèche, du District en 1788 de La Flèche, en 1790 de Châteauneuf.

Maires : BARBÉ, an VIII. – MAILLARD, 9 ventôse an XI, non acceptant. – Pierre LEBLANC, 13 thermidor an XIII. – Charles-Louis CHASSERIE, 26 avril 1816, installé le 5 mai. – Jean-Baptise TOUCHET, 15 novembre 1831. – Pierre EON, 21 octobre 1853, installé le 5 novembre. – BAUDRIER, 1860. – Adrien BERGER, ancien secrétaire général de la Préfecture, 1866. – BAUDRIER, 1870, en fonctions, 1874.

Quelques lieux-dits

La Templerie. Commune d’Etriché, au sortir du bourg, vers Sud, avant le cimetière, avec vieil enclos dont des murs montrent des traces de portes bouchées, à baies plein cintre, à claveaux réguliers ; – ancien domaine sans doute du Temple ; – appartenait à Jean GAULT 1684, puis à François DESMOULINS, écuyer, conseiller secrétaire du roi près le Conseil suprérieur d’Alsace, mort à Durtal le 2 novembre 1709. – Il existait de cette provenance dans le cabinet Quélin, V. son Catalogue, deux superbes vitraux armoriés avec la devise : Monstra vis domabit. – Y mourut Pierre RIFFLÉ, époux de Louse LETOURNEAUX, le 27 août 1649.

Les Moulins-d’Yvré, village, commune d’Etriché. — Locus qui appellatur Ivriacus 1036-1056 (St-Serge, Sceaux. ch. or.). — Le bourg des Moullins d’ Yvré, — Le pavé tendant des M. d’ Y. à Angers 1539 (E 330). — Anc. agglomération formée sur la grande voie d’Angers au Mans, aux abords d’un groupe de moulins, appartenant au XIe siècle au seigneur de Juvardeil, plus tard au seigneur du Plessis-Chivré. On en comptait trois au XVIe siècle, banaux, comme le pressoir et le four du village, pour les tenanciers de ce dernier fief, avec maison et chaussée, dont l’écluse devait rester ouverte pour le passage des chalands. — Les maisons, entremêlées de logis antiques, immenses toits d’ardoise ou petits tourillons pointus, forment l’alignement d’une longue rue en demi-cercle, sous une haute tranchée du chemin de fer, au-devant de la Sarthe, qu’y parsèment 7 ou 8 îlots. – Un port y a été construit en 1854. — A l’entrée, vers Sud, se présente une chapelle avec porte en anse de panier restaurée, XVIe siècle, et pignon à campanile, où pend la clochette. ElIe a été fondée sous le vocable de St Jean-Baptiste par Jean Lemacon, le 6 août 1515, et servait à des mariages jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. CI. Robin même à cette époque, dans son Ami des Peuples, p. 21, en demandait l’érection en paroisse. Audouys raconte que le fils d’un aubergiste du village, Maussion, est devenu receveur général des finances.— Un autre renom s’at-tache inexpiable à l’auberge de la Boule-d’Or, fermée depuis 60 ans. Le dimanche 4 mai 1817, l’éclusier de Porte-Bise retirait de la Sarthe le cadavre d’un sieur Xavier Delœuvre, artiste dramatique, qui par deux fois avait pris gîte pour la nuit aux Moulins-d’Yvré. Divers indices signa1èrent à la justice l’aubergiste Pierre Chalumeau. dit Pierrit, et sa femme, avec leur fille et leur gendre, Louis Ménard, qui furent arrêtés; mais deux ordonnances, rendues les 16 et 18 juillet par le tribunal de Baugé, firent mettre en liberté les prévenus, qu’on vit alors revenir au village dans un cabriolet, paré de fleurs et de feuillages, avec cette inscription en gros caractères : Laissez passer les innocents. — Quelques propos indiscrets, un mémoire justificatif, Précis en faveur de Louis Ménard, etc., par l’avocat Lelong (Angers, L. Pavie, in-4° de 24 p.), des indications tardives provoquèrent une enquête nouvelle. et le 28 novembre les quatre accusés comparaissaient devant la Cour royale d’Angers, accablés par des témoignages nombreux, par l’expertise médicale qui démontrait l’assassinat du voyageur, surtout par les révélations, longtemps hésitantes, de la servante. Le procès occupa la Cour pendant onze séances et se termina par une quadruple condamnation à mort. Pierrit, sa femme et son gendre furent exécutés sur le Champ-de-Mars, à Angers. le mardi-gras, 3 février 1818. La fille Chalumeau s’était empoisonnée dès le 9 janvier dans la prison. Des complaintes, des récits imprimés ont popularisé cette histoire, dont le souvenir est resté vivant dans toute mémoire angevine.

Une réflexion sur “E comme ETRICHÉ

  1. Où l’on peut lire que déjà, du temps de Célestin Port, fin 19e, les faits divers sanglants faisaient beaucoup de bruit ! C’est vrai que c’est quand même un crime pendable « que de retirer de la Sarthe le cadavre d’un artiste dramatique ».
    Comme quoi nos petits villages ruraux ne sont pas toujours si paisible.

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