C’était il y a tout juste … 407 ans !
La Chapelle-du-Genêt, 2 février 1619.
Tel est le titre choisi par le curé de La Chapelle-du-Genet qui raconte avec force détails la mort d’un chapelain, messire René SOURICE, et dont les derniers instants sont auréolés de mystère…
Je lui laisse la parole.

Mort édifiante d’un chapelain
Le sabmedy jour de la purification Notre Dame, second jour de febvrier an susdit 1619 sur la minuict, decédda Vénérable et discret missire René SOURICE chappellain en cette églize et des stipendies de Notre Dame et de la Passion, lequel ayant esté 3 jours indisposé fut 4 autres jours au lict, touché d’un mal de coeur, de teste et costé, mais le 1er au soir, ayant fort recommandé l’amour et amitié de nous ses comperes et autres présents et faict une très belle eshortation, ayant perdu la connnoissance et advis du monde, ne parloit que sainctement donc nous jugerions tous qu’il parloit plustost divinement qu’humaynement et ayant esté 3 quarts d’heure sans parler et sans efforts apperceuz, rendit son ame à Dieu estant aagé de 65 ans ou environ ; son corps enterré le dimanche en l’églize soubz la corde et la petite cloche au costé de l’évangille, pres le deffunt curé dernier.
Nota – (Oui, à force de lire de vieux registres, j’utilise les termes des officiants d’autrefois !!!) – que le passage qui, me semble-t-il, évoque des « stipendiers », n’est pas très clair pour moi. Si quelqu’un a une idée…
Mise à jour – 8/02/2026 – Il s’agirait donc plutôt de « stipendies », sortes de confréries, desquelles le chapelleain René SOURICE aurait été l’administrateur. Merci à « Adresseesmaugeoises » pour cet éclairage. Voir son commentaire du 4 février 2026 ci-dessous.

La définition stipendié est « qqun de corrompu » ou « mercenaire ». Donc vu la phrase, je pencherais pour mercenaire.
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Oui mais alors des mercenaires pacifiques !!!
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Voila ce que l’IA Perplexity dit:
« stipendier désigne les bénéficiaires de stipendes de messe, c’est‑à‑dire les prêtres qui reçoivent une rémunération régulière (un revenu attaché à un office, une fondation, une chapelle). »
Voir une définition de stipende :
https://catholicus.eu/fr/les-stipendes-loffrande-qui-nourrit-lame-et-soutient-leglise/?pdf=3970
Plausible …..
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Merci pour ce lien qui éclaire bien les mots « stipende » et « stipendier ».
Le sens devient encore plus clair si on tient compte du commentaire suivant ( stipende = salaire).
Difficilement traduisible tel quel en français moderne.
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En italien « stipendio » c’est le salaire.
C’est comme si on avait dit, plus simplement :
« Chapelain de cette église ainsi que des salariés de Notre Dame de « …
Françoise BALLAIN-RINALDI
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Ah merci beaucoup, en effet, c’est très logique.
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Nous avons ici les détails de la mort édifiante de René Sourice.
Merci Françoise.
M@g
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Post corrigé et complété (supprimer le premier si possible…)
Est-il possible qu’il s’agisse d’un S au lieu d’un R ? (je ne sais pas du tout lire l’écriture de cette époque…
Voici le fruit de mes recherches : je pense, sans certitude qu’il s’agit d’une confrérie, nombreuses dans les Mauges, certaines éphémères, si bien qu’il est difficile de les retrouver. Nos Mauges sont particulièrement attachées au culte Marial, et on lit « jour de la purification Notre Dame » (sens ?) et « des stipendies de Notre-Dame et de la Passion » qui serait le nom de cette confrérie dont René Sourice serait le « chef » (il me manque le mot juste).
Il s’agit d’une « hypothèse de recherche » bien plus que d’une affirmation et si quelqu’un peut aider en confirmant ou en corrigeant, j’en serais heureuse.
Premier réflexe : Le Littré pour vérifier mon intuition :
Effectivement stipendier est un mot en rapport avec l’argent ; mais une confrérie devait en récolter pour entretenir les objets, voire bâtiments ; également elle permettait de faire dire des messes ou d’aider une veuve ; c’est ainsi que j’ai pensé qu’on avait donné de l’argent pour cette personne, peut-être pour faire dire des messes pour le salut de son âme par exemple.
https://www.littre.org/definition/stipendie
« stipendie », définition dans le dictionnaire Littré
stipendie
Définition dans d’autres dictionnaires :
TLFi Académie FrançaiseFac-simile de l’édition originale du Littré (BNF)
Page complète du fac-similestipendie
(sti-pan-die) s. f.
Nom d'une ancienne œuvre d'église. "Les ecclésiastiques, bénéficiers, gouverneurs et administrateurs des aumôneries, commanderies, prévôtés, stipendies et confrairies, marguilliers des fabriques…", Édit, mars 1672.ÉTYMOLOGIE
Lat. stipendium (voy. STIPENDIER).
Deuxième réflexe Célestin Port afin de vérifier s’il signalerait une confrérie dans ce village : c’est non. En revanche quelques éléments peuvent éclairer la cause de la mort de René Sourice
Dictionnaire de Célestin Port : (passage sur la liste des prêtres)
« Anselme Mesnard, 1614-1616, † curé de St-Martin-de-Beaupréau le 7 juillet 1619. Sous son règne et sous le suivant, le pays est ravagé par les troupes de passage et les habitants sans cesse réduits à chercher refuge à Beaupréau, 1616-1621. Jacques Picherit, dès au moins 1619 chanoine de Beaupréau, résigne en 1632 au profit de son
neveu. Dans l’année même la paroisse avait été éprouvée (avril-août) par une épidémie qui emporta 64 victimes , et qui se renouvela en octobre 1639, presque aussi redoutable. »
Est-ce encore l’époque des guerres de religion ? « le pays est ravagé par les troupes de passage » ; ces guerres de religion, ont appauvri la région, ont ruiné les récoltes, et le passage de nouvelles personnes, ou les mouvements de populations qui se réfugient ailleurs, favorisent la transmission des épidémies qui trouvent un terrain fertile sur des organismes affaiblis. Il y a de nombreuses vagues d’épidémies, de disettes ; il faudrait relire tout le passage pour 1619… ( Reformulation très rapide du livre de François Lebrun « Les hommes et la mort en Anjou aux XVIIe et XVIIe siècles » Science Flammarion 1975 ; Chapitre IX pages 212 à 279.
Cette idée m’est venue, car je me souvenais avoir lu un document sur les confréries ; en 1803 une enquête est faite à ce sujet après les guerres de Vendée. (documents cités en note à la fin)
Je mets donc en lien le document pour ceux que cela peut intéresser : (le lien est un peu long je ne sais ce qu’il convient de noter… donc j’ai tout mis)
Lusson-Houdemon Patricia. Dévotions et confréries dans les paroisses du Maine-et-Loire en 1803. In: Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest. Tome 95, numéro 3, 1988. pp. 311-325.
https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1991_num_98_4_3405
https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1988_num_95_3_3294?q=%22la-Chapelle-du-Gen%C3%AAt%22#abpo_0399-0826_1988_num_95_3_T1_0311_0000Dévotions et confréries dans les paroisses du Maine-et-Loire en 1803 [article]sem-link Patricia Lusson-HoudemonAnnales de Bretagne et des pays de l’Ouest Année 1988 95-3 pp. 311-325
Lusson-Houdemon Patricia. Dévotions et confréries dans les paroisses du Maine-et-Loire en 1803. In: Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest. Tome 95, numéro 3, 1988. pp. 311-325.
DOI : https://doi.org/10.3406/abpo.1988.3294
http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1988_num_95_3_3294BibTex RefWorks RIS (ProCite, Endnote, …)
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Je crois bien, oui, qu’il s’agit d’un « s », d’ailleurs, plus bas, les mots « mais » et « advis », qui se terminent par un « s » sans contredit, semblent également être écrits « mair » et « advir », c’est donc bien « stipendies » qu’il faut comprendre. Je corrige.
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Même pour des actes beaucoup plus récents, les S longs ressemblent à des F et les S courts, en fin de mot à des R. Je me suis souvent emmêlée avec les S.
Bravo à toi d’être capable de déchiffrer des actes aussi anciens dont je ne pourrais avoir connaissance sans tes transcriptions.
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