Les sages-femmes de Villevêque

Le #Geneatheme organisé par Geneatech de ce mois d’avril 2026 a pour thème « La santé dans notre généalogie ». Il y a de cela plus d’une dizaine d’années, je publiai un article sur les sages-femmes ayant prêté serment à Villevêque ; j’ai eu envie de reprendre les noms de ces dernières afin de savoir si je pouvais découvrir plus de choses à leur sujet.

Françoise ESNAUD, veuve de Mathurin GIN, qui demeure sur le bord de la rivière du Loir, a prêté serment le 27 octobre 1617.

« Le vingseptième jour d’octobre mil six cent dix sept en l’église de Villevesque diocèse d’Angers et en la présence des tesmoins cy dessoubs nommés Francoise ESNAUD demeurant audit bourg sur le bord de la rivière du Loir, veuve de feu Mathurin GIN, a presté le serment de sage femme, entre nos mains , et a promis de bien et fidelement s’acquiter de sa charge, faict audit lieu et ledit jour et an comme dessus par nous curé de Villevesque soussigné. »

Je n’ai rien trouvé de particulier la concernant,cependant, la seule famille « GIN » qui demeure à Villevêque est, curieusement, une famille de pêcheurs. Il s’agit de Jean GIN, pêcheur de poissons, et époux de Sébastienne CORNIERE. Il est le père d’au moins deux filles : Françoise GIN qui épouse à Villevêque le premier juin 1627, Jacques DAVAU, meunier, fils de Jean DAVAU et de Jeanne GUESPIN, et Andrée GIN, décédée, non mariée, à Villevêque, le 28 janvier 1626. Sans doute est-il également le père de Michelle GIN, épouse d’Adam DE LA TOUCHE, batelier, à la tête également d’une nombreuse famille.

Jacquine La BRUANDE, femme de François PESCHARD, a prêté serment le 28 octobre 1617.

    Pas de trace non plus de cette sage-femme, cependant, grâce à de nouvelles recherches, j’ai pu rétablir son vrai nom. En effet, je l’avais nommé, tout en trouvant cela assez curieux, Jacquine « La BINACHE ». Les actes de mariage de ses enfants, découverts de manière fortuite, m’ont donné tort : son véritable patronyme doit se lire « BRUAND ».

    « Le vinghuitiesme jour dudit mois d’octobre an mil six cent dix sept, Jacquine LA BRUANDE du village de Bouchetfemme de François PESCHART vigneron, a presté le serment de sage femme et a juré d’estre fidele en sa vacation, tout et ainsy qu’une femme de bien doit estre, faict à Villevesque dans l’église après le baptesme administré à Urban, fils de Jean CHALLET, environ sur les deux heures d’apres midy, es presences de messire GAIGNARD chappellain de Saint Mathieu et de Maistre Yves LE MESLE prestre demeurant audit bourg de Villevesque, curé dudit lieu, soubsigné avec nous ledit jour et an comme dessus, et ladite Jacquine a dit ne sçavoir signer. »

    François PESCHART et Jacquine BRUAND ont eu au moins deux enfants :

    • Gilles PESCHARD qui épouse Jacquine GANNE, fille de défunts René GANNE et Renée PERRINELLE, le premier juillet 1635 à Corzé. François PESCHARD est présent audit mariage, mais Jacquine BRUAND n’est déjà plus de ce monde.
    • Jeanne PESCHARD qui épouse le 26 janvier 1637 à Corzé, Robert MARCHAIS. François PESCHARD n’est plus en vie.

    Etiennette JOUBERT, femme de Jean QUILLET, a prêté serment le 4 novembre 1617.

    Elle demeure avec son mari à La Girardière. Ce dernier est parrain de Françoise JOULAIN, baptisée le 12 septembre 1627. Etiennette JOUBERT est alors en vie. C’est la seule petite trace que j’ai trouvée d’elle.

    Lorsqu’elle prête serment, deux autres femmes sont ses témoins : je n’ai trouvé aucune trace de la première, Perrine JUNOT, veuve de Julien GILLEBERT. La seconde, Perrine GOUPILLAU, est la femme de Mathurin LAMBATÉ. Ils demeurent au Chêne Vert. Ils ont au moins deux enfants, baptisés à Villevêque, l’un en 1618 et l’autre en 1622.

    Perrine DELAUNAY ou LAUNAY, femme de Symphorien PIOLIN, a prêté serment le 21 novembre 1617.

    Son mari, Symphorien PIOLIN, était vigneron au village de Ruigné. Elle y meurt le 27 octobre 1621. L’une de ses filles, Symphorienne PIOLIN, épouse René BARDOUL, de la paroisse d’Andard, le 20 août 1629 à Villevêque et une autre, Perrine PIOLIN, épouse le 13 juillet 1631, Sébastien GALLAUD de la paroisse de Villevêque, où sont baptisés leurs enfants.

    Mathurine DOLIBEAU, a prêté serment le 5 décembre 1618.

    Elle met au monde, le jour même où elle prête serment, une petite fille : Nicole LEMERCIER, fille de Philippe LEMERCIER et de Germaine ESNAULT, le parrain est Jean MAUBERT. Le prêtre n’est pas satisfait du baptême pratiqué par la sage-femme, raison pour laquelle sans doute il li fait prêter serment…

    « après qu’il nous est apparu … que le sacrement de baptesme ne luy avoit été duement administré ny quant à la matière ny quant à la forme en la maison dudit MERCIER père et que la sage femme nommée Mathurine DOLIBEAU comme nous a certifié ledit père, croyant que la fille fut morte auroit baptisé au nom du père sans espandre de l’eau sur l’enfant ny sans conférer le reste des paroles de la forme du sacrement et sans aucun parrain  et marraine. »

    Je ne sais pas ce qu’est devenu cette Mathurine DOLIBEAU, mais elle n’est pas la seule à avoir essuyé les reproches du curé de Villevêque. Perrine LAUNAY, lors de la naissance de Jumeaux, Pierre et René LEGER, le 26 juin 1621, en fait également les frais :

    « deux fils venus d’une même ventrée, appartenant à René LEGER vigneron demeurant à Ruigné en ceste paroisse et à Marie GRALANLÉ sa femme,  l’un desquels, sçavoir l’ayné ayant été baptisé selon le rite de Perrine LAUNAY, sage femme demeurant audit Rugné, mais le rite d’icelle ayant été trouvé ambigu et sur tout pour l’abstinence[1] par lequel elle nous disoit ledit enfant avoir été ondoyé, nous l’avons baptisé avec condition ainsy qu’il est enseigné par l’église… »

    Au début de l’année 1622, le 18 janvier, le curé déclare qu’il ne peut se fier « à la simplicité d’une sage femme des champs » et qu’il baptise donc l’enfnat « sous condition ».

    « …a été baptisé un fils sous condition, ne m’estant fier à la simplicité d’une sage femme des champs qui nous a dit l’avoir baptisé en la maison en voiant le hazard de mourir, lequel fils appartient à Michel LESTRY vigneron et à Jeanne MOUTARDEAU du village du Pont Erault, parrain Pierre ESTRY vigneron mary de Ambroise POIRIER demeurant au lieu du Bois Lambert paroisse du Plessis au Grammoire, marraine Symphorienne ALART femme de René CHAUVEAU vigneron du village du Pont Erault »

    A noter qu’une autre sage-femme, Hardouine MERCERON officie également dans ces années-là. Elle est citée dans l’acte de baptême de Barbe BONNET, fille illégitime, le 12 septembre 1618 :

    « fille illégitime de Jeanne BONNET, pauvre femme des Varennes, laquelle à fait dire par Hardouine MERCERON sage-femme qu’elle appartient à Jacques LE MEUSNIER tissier demeurant à La Potardière, et a été nommée Barbe par son parrain Messire Ambroise LE COMMANDEUX prêtre dudit Villevêque et marraine Marguerite HELLEBERT veuve de Pierre TREMAULT demeurant audit Varennes »

    Je n’ai pas trouvé trace d’Hardouine ultérieurement…

    Cliquez ici pour lire le « viel article ».


    [1] Je ne suis pas sûre de ce mot…

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