Two women in historical clothing outside stone cottages, one carrying a basket and the other standing in a doorway

Portrait de Marguerite JOULAIN, sage-femme d’autrefois

Marguerite JOULAIN (1687-1758) Sage-femme

Parmi mes ancêtres directes, je compte huit sages-femmes, dont Marguerite JOULAIN qui semble avoir exercé cette activité tout au long de sa vie. Marguerite était sage-femme, comme l’était également sa mère, Marguerite MARCHAND. Difficile de dire quand elle exerça pour la première fois, mais j’ai trouvé un acte la citant comme sage-femme alors qu’elle n’avait que 32 ans, en 1719…

… et un autre, daté de 1750, qui prouve qu’elle exerçait encore à 63 ans…

Ses origines et son enfance

Son père, sa mère et ses frères et soeurs

Son père, René JOULAIN était marchand et couvreur d’ardoises. Il avait été baptisé quarante ans plus tôt, le 8 juillet 1637 à Pellouailles, lieu où il mourut aussi, dans sa maison de la Rue des Bois, le 8 septembre 1704, âgé de 67 ans. La mère de Marguerite, Marguerite MARCHAND, lui donna son prénom qui lui venait précédemment de sa mère, Marguerite TOUBLANC, elle-même fille de Marguerite MOREAU, fille quant à elle de Marguerite HAMELIN !

Lorsque Marguerite naquit, sa mère avait déjà quarante ans et elle fut la dernière de sa fratrie. La plupart de ses frères et soeurs moururent prématurément. Outre Marguerite, seuls deux d’entre eux atteignirent l’âge adulte et se marièrent : René, couvreur d’ardoises comme son père, qui épousa Marie BOUGARD et vécut à Angers, et André, époux de Jeanne RIBOURG, qui s’établit à Pellouailles. Marguerite MARCHAND quant à elle, vécut fort longtemps et mourut à l’âge respectable de 86 ans, le 14 décembre 1732. Elle était alors veuve depuis de longues années et vivait auprès de sa fille Marguerite à Saint-Sylvain-d’Anjou.

Son parrain

Le parrain de Marguerite, Nicolas DUPOND, son oncle maternel par alliance, était maréchal en œuvres blanches et demeurait en la paroisse de Saint-Michel de La Palud à Angers. Il est dit parfois « Maître guimblettier ». Il avait épousé en premières noces Marie MARCHAND, tante maternelle de Marguerite JOULAIN, sœur de sa mère, morte en 1697, et s’était remarié deux fois par la suite.

En Anjou, le taillandier est appelé maréchal en œuvres blanches ; quant au guimblettier, il s’occupait plus particulièrement de la vrillerie (de guimblet, « petite vrille »).

Son mariage et ses enfants

Son mari

Marguerite épousa un homme veuf, Sylvain PAILLARD, qui était maître cordonnier, le 25 février 1710 à Villevêque. La cérémonie eut lieu dans la Chapelle de Jambon. A ce mariage, qui se déroula l’année qui suivit le ‘Grand Hiver », furent présents ses frères, René et André JOULAIN, et son cousin germain, René JOULAIN, ces derniers palliaient ainsi l’absence de son père, déjà décédé.

Sylvain PAILLARD était né vers 1675. Son acte de baptême reste introuvable, tout comme l’acte de mariage de ses parents. Sa mère en particulier, Marie HARAN, reste un mystère. La famille PAILLARD est cependant bien connue. Originaire de Soucelles, elle s’était implantée depuis plusieurs générations à Saint-Sylvain.

Il est probable que les époux se soient rencontrés par beaux-frères et belles-sœurs interposés. En effet, André JOULAIN, frère de Marguerite, avait épousé en 1705 Jeanne RIBOURG, dont le frère, Pierre RIBOURG, épousa Renée PAILLARD, sœur de Sylvain, en 1708. Plus simplement, Marguerite épouse le frère de l’épouse du frère de sa belle-sœur. Les familles JOULAIN, PAILLARD et RIBOURG sont donc apparentées de plusieurs façons.

Ses enfants

Marguerite et Sylvain eurent huit enfants ; quatre moururent en bas-âge et un cinquième alors qu’il avait 19 ans. Les trois autres ont une descendance et je descends de sa fille, Suzanne PAILLARD. (A noter que Marguerite JOULAIN a eu exactement le même nombre d’enfants que sa mère et, qui plus est, le même nombre d’enfants décédés…)

La plupart des parrains et marraines des enfants de Marguerite sont leurs oncles et tantes, tant du côté paternel que maternel. Certains sont plus fréquemment sollicités, comme Bonaventure CHOISI, époux d’une des sœurs de Sylvain PAILLARD, qui est plusieurs fois parrain.

On note également très souvent, aussi bien aux baptêmes qu’aux enterrements des enfants de Marguerite, la présence du grand-père paternel, Mathurin PAILLARD, qui dans sa jeunesse fut un mari infidèle.

La fin de sa vie

Marguerite aura la chance d’assister au mariage de tous ses enfants survivants (trois seulement sur huit…) : celui de Suzanne, le 12 juin 1736, qui épouse Joachim GILET, meunier ; celui de Mathurin, devenu laboureur, qui épouse Marie AUBRY en 1741 et enfin celui de Jean, couvreur d’ardoise, marié en 1749 à Marie LELIEVRE. Néanmoins elle ne cessera également d’être en deuil, ayant perdu plusieurs petits enfants, dont une petite fille de dix ans, ainsi que deux de ses fils, l’un de 19 ans, l’autre de 29 ans, et également son mari…

Elle meurt à son tour le 24 février 1758 âgée de plus de 70 ans. Elle est alors déjà grand-mère plus d’une douzaine de fois, en partie grâce à sa fille, Suzanne, mère de plus de quatorze enfants ! Elle est inhumée dans le cimetière de Saint-Sylvain-d’Anjou auprès de son mari. Son gendre, Joachim GILET, mari de Suzanne PAILLARD, et son fils, Mathurin PAILLARD, l’accompagnent jusqu’à sa dernière demeure.


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