(Complément de l’article La Tourlandry.)
Célestin Port, Dictionnaire Historique du Maine-et-Loire, 1878
Tour-Landry (la), canton de Chemillé (9 kil. ½), arr. de Cholet (18 kil.) ; – à 47 kil. ½ d’Angers. – Castellum, quod Turris Landrici vocabatur 1100 circa (Cartul. Parch. De Chemillé, ch. 86). – Locus qui dicitur Turris Landrici 1107 circa (Cartul. Pap. Ch. 49). – Ecclesia sancti Vincentii de Turre, presbyter de Turre Landrici 1187 (Cartul., parch. 88). – Sur le versant méridional du coteau des Gardes (206-157 mèt.), – entre St-Georges-du-Puy-de-la-garde (5 kil.), les Gardes (3 kil. ½), Melay (5 kil.), Cossé (3 kil.) et la Salle-de-Vihiers (6 kil.) au Nord, la Salle et Coron (5 kil. ½) à l’Est, Coron, Vézins (3 kil.) et Trémentines (8 kil.) au Sud, Trémentines et les Gardes à l’Ouest.
Le chemin de grande communication de Chemillé à Maulévrier descend du Nord au Sud par le centre et par le bourg, sans autre rayonnement que deux ou trois chemins vicinaux.
Y passe à l’angle extrême vers Sud-Ouest une courbe de l’Evre, formant quelque temps limite avec Vézins et désignée à ce point du nom du ruisseau de Mingon par la Carte cantonale. – Y naissent deux de ses affluents de la rive droite, les ruisseaux du Pont-aux-Jars et de la Genillère, – et le ruisseau de la Maltrie avec le ruisseau de la Reinerie, affluents du Lys.
En dépendent les hameaux et villages du Bordage (18 mais., 61 hab.), de la Boutière (14 mais., 59 hab.), de la Denechère (13 mais., 55 hab.), de la Maltrie (12 mais., 51 hab.), de la Virée (11 mais., 43 hab.), de la Chalouserie (8 mais., 30 hab.), du Chiron (7 mais., 23 hab.), de la Gagnerie (6 mais., 31 hab.), de la Confordière (4 mais., 11 hab.), de la Grande-Toucheberne (3 mais., 19 hab.), de Launay (3 mais., 14 hab.), de l’Ampintière (3 mais., 12 hab.), les chât. de la Tour-Landry et de la Giraudière et 36 fermes ou écarts.
Superficie : Elle comprenait 2113 hectares jusqu’à la loi du 1er juin 1852, qui en a détaché 233 hectares au profit de la commune nouvelle des Gardes. – Restent 1879 hectares, – quoique la Carte cantonale lui en attribuent 1940 – et d’autres documents 1986.
Population : 900 hab. en 1726. – 300 feux, 2022 hab. en 1789. – 1750 hab. en 1821. – 1781 en 1831. – 1796 hab. en 1841 – 1664 hab. en 1851 – 1799 hab. en 1861 – 1802 hab. en 1866 – 1717 hab. en 1872 – 1644 hab. en 1876 – à peu près stationnaire, tandis que tout le canton est en décroissance continue – dont 895 hab. (233 mais., 255 mén.) au bourg, presque tout entier rebâti en gneisse ou granit et d’assez belle apparence, adossé vers Sud presque au pied d’un haut coteau, à 187 mètres sur le chemin de grande communication.
Nulle autre industrie que le tissage pour Cholet, qui fait vivre près d’un millier d’individus – trois moulins à vent.
Marché le samedi.
Perception et Bureau de poste de Chemillé.
Mairie ave Ecole publique de garçons (Frères de Ste-Croix du Mans), construite par adjudication du 19 septembre 1864 (archit. René Geslin). – Ecole publique de filles (Sœurs de Ste-Marie d’Angers), bâtie en 1853 (archit. Humeau), avec Salle d’asile depuis le 1er janvier 1854.
L’Eglise, sous le vocable de St Vincent de Sarragosse (succursale, 30 septembre 1807), incendiée le 22 janvier 1794, avait été remise en état dès 1801. Une restauration par l’archit. François, d’Angers, en 1821, ne conserva que le clocher, élevé en 1804, et le chœur, Xie siècle, flanqué d’une sacristie moderne et d’une antique chapelle seigneuriale. Le chœur, à son tour, fut dégagé de ces appendices en 1834 et reconstruit tout entier sur des dimensions doubles. La consécration en eut lieu le 8 octobre 1835 par l’évêque de Luçon. Le grand autel en marbre blanc date de 1838, les trente stalles du chœur de 1843, les deux autels latéraux de 1846 et de 1849. – Un coup de foudre, le 22 juin 1848, décapita le clocher, qui fut reconstruit dans l’année par l’architecte Humeau, de Mêlay.
Le presbytère reste installé dans un ancien logis, entouré de douves, dépendance sans doute du château.
Sur la place, au-devant du portail de l’église, s’élève un bel ormeau planté, le 12 avril 1814, par le curé Robineau pour célébrer le retour des Bourbons. – Dans le cimetière, à l’Est, au bout de l’allée pricipale, plantée de beaux cèdres et de hauts cyprès, une petite chapelle de style roman, contient sur l’autel en marbre noir une Pieta. – Derrière, sous un mamelon surmonté d’une petite forêt d’arbres verts est creusé un St-Sépulcre – plus loin, au milieu des fleurs, une grotte, où l’ange présente le calice – suivent les stations d’un Chemin de croix. – A l’entrée du bourg vers Vézins, sur un monticule, de 8 à 10 mètres, formé de masses énormes de granit, apportées là des champs voisins à force de bœufs, a été installé en 1867 un Calvaire de trois croix. Quatorze pierres debout forment un alignement qui y conduit de l’embranchement du chemin de Coron.
Une partie de ces blocs comptaient parmi les nombreux peulvans signalés sur le territoire, et dont un seul reste debout à la Rigaudière, V. Ce mot. Un dessin en existe au Musée d’Angers. – La grande voie antique de la Salle au May dessine encore en partie la limite vers Nord, passant au Sud du bourg des Gardes. – Au XIe siècle et probablement dès la fin du Xe siècle un haut donjon, turris, est installé en vedette sur le flanc du coteau par le chevalier Landry, dont tout le pays va garder le nom et qui tenait ce domaine de sa femme Radegonde. – Il formait le centre d’un château-fort, castellum, avec église dans l’enceinte et double faubourg extérieur fortifié, duo castellaria exteriora castelli, le tout ruiné par quelque guerre à la fin du XIe siècle. Le fils du fondateur, Geoffroi, mu de piété, y appela les moines de Marmoutier, déjà installés à Chemillé, et en leur cédant dans son église tous ses droits seigneuriaux, leur donna tout auprès un emplacement pour bâtir leur habitation et du terrain dans les faubourgs à suffisance pour y élever un bourg, ad faciendos vicos. Mais malgré diverses libéralités dues à la même famille, le prieuré, qui s’établit là, se trouvait si pauvre au XIIIe siècle qu’il ne pouvait pas même nourrir pour hôtes deux religieux. Par lettre du 26 novembre 1237, l’évêque de Poitiers, réunit la maison à St-Pierre de Chemillé, en y laissant un prêtre, ayant charge d’âmes, pour desservir l’église. – Une partie des revenus de la cure comprenait, en vertu de la fondation d’une chapelle annexe, les prémices et dîmes de la Giraudière et de ses dépendances, la Boulaie et la Brunetterie.
Curés : Julien LOYS, 1559 (G 412, f. 173) – Jean BAUDRY, chanoine de St-Pierre d’Angers où il résidait et où il meurt avant 1562. – Michel BOUSSION, 1600, 1626. – Clément GAULT, installé le 24 avril 1630, qui passe en 1640 à la cure de Saint-Michel-la-Palud d’Angers. – Phil. GAULT, son neveu, 1640, † le 29 janvier 1688, âgé de 69 ans. – René GUINOISEAU, 1688, † le 11 novembre 1702, frère d’un avocat au Présidial d’Angers. – Franç. JANNEAUX, 1702, † le 6 mars 1752. – J.-A. MENARD, 1752. – Pierre BRIAUDEAU, docteur en téhéologie, 1754, † le 4 février 1762, âgé de 35 ans. IL avait fait refaire les trois autels, transporter le clocher sur le portail, allonger la nef, défoncer le chœur, transformer son église romane à la moderne. – Ambroise EON, février 1762, † le 16 février 1783. – O ‘HEA, 1783, † à la Rochelle le 16 février 1783. Jean CASSIDY, 1791, qui est forcé de quitter la place sous les menaces de ses paroissiens. Le vicaire GROLLEAU était resté caché dans le pays.
Une aumônerie y existe dès le milieu tout au moins du XVIIe siècle jusqu’à la Révolution, avec chapelain particulier, dont l’habitation se voit encore dans le bourg.
Le fief constituait une baronnie, relevant de Vihiers mais tout aussi noblement que son suzerain, et avec droit égal de justice à quatre piliers.
Il donne son nom à une famille de chevalerie, seigneur de Bourmont et de la Cornouaille, qui figure dans les titres bretons dès le XIIe siècle, sans qu’on trouve à peu près rien d’elle dans les actes angevins avant Geoffroi de la Tour-Landry, qui sert dans les guerres anglaises, 1336, 1650. Françoise, fille aînée de Louis II, porta la terre le 30 juillet 1494 en mariage à Hardouin de Maillé, qui dut s’engager à prendre le nom et les armes des La Tour-Landry : D’or à une fasce de gueules crénelée de 3 pièces et maçonnée de sable, obligation dont, après la mort de ses frères sans héritiers mâles, le roi se releva, en l’autorisant à reprendre les armes des Maillé : D’or à trois fasces ondées de gueules, et son nom propre mais en y ajoutant celui de la Tour-landry.
Anne, fille de Franç. De Maillé de la Tour-Landry et de Diane de Rohan, épousa par contrat du 10 juin 1589 Renée Le Porc de la Porte, baron de Vézins et de Pordic. – Le prince de Condé par lettres du 16 mars 1616 accorda à la dame de Vézins, qu’il qualifie de « comtesse », l’exemption du logement des gens de guerre pour son bourg et pour son château de la Tour-Landry. – François de La Porte de Vézins en avait hérité avant 1632 – Ch.-Franç. D’Andigné, mari de Marie Collin de la Noue, dès 1660, et vers 1685, il vendit la baronnie de la Tour-Landry à Jean-Baptiste de Morillon, chevalier, conseiller en la troisième Chambre du Parlement de Paris, mari de Marie Lefebvre de l’Aubrière. – En est seigneur en 1782, 1789 Jean-Baptiste de la Haie-Montbault. – Les dernières ruines du château féodal ont disparu en 1854. Le propriétaire actuel, M. Fourchy, en a conservé seulement les larges et profondes douves et abrité dans l’enceinte un charmant château-chalet, qui embrasse et en même temps décore un lointain horizon.
En 1789 les biens ecclésisatiques comprenaient le cinquième du revenu de la paroisse. On y comptait cinquante familles à la mendicité, – et pourtant, par une exception rare, il est formellement exprimé que le travail n’y manque jamais. La paroisse dépendait du Diocèse de Poitiers jusqu’en 1317, de Maillezais jusqu’en 1648, – plus tard de celui de la Rochelle, – de l’Archidiaconé de Thouars, du Doyenné de Vihiers, de la Sénéchaussée et du Présidial d’Angers, de l’Election de Montreuil-bellay, du District de Cholet.
Maires : Pascal PAPIN, syndic depuis 1763, maire jusqu’en 1813, alors âgé de 82 ans. – Jean ESSIOU, 23 août 1815. – Louis HY, 8 septembre 1831. – Jean ESSIOU, 1834. – René BENARD, 4 octobre 1843, installé le 16, démissionnaire en 1865, mort le 24 décembre 1870. René BENARD, 1865, en fonctions, 1877.
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Arch. De M.-et-L. C 192 ; H Cartul. Parch. De Chemillé, ch. 86-93,136 et 137 ; Cartul. Pap. Ch. 41 et 63. – Arch. Comm. Et-C. – Notice Mss. De M. Spal. – Notes Mss. De M. Boutillier de St-André. – Roger, notes Mss. – Arch. de la famille d’Andigné, D 68 ; E 19. – Notes Mss du curé Hoctin, à l’évêché d’Angers. – Arch. D’Anj. T. II, p. 23 – La Chesnaie des Bois, IX, 314. – Pour les localités, voir la Rigaudière, la Giraudière, la Volerie, le Verger, la Chaimbaudière, la Sauvagère, la Boulaie, L’Ancésière, etc.
