Les maris d’Anne FARION ou quand un Toussaint CHESNEAU en cache un autre…

Durtal, aux alentours des années 1700…

Dans la série « embrouilles garanties », voici l’histoire d’Anne FARION, fille de mes ancêtres Guillaume FARION et Françoise BOULAY, meuniers à Gouis, paroisse de Durtal, et sœur de Françoise FARION, dont je descends.

Le premier mari d’Anne FARION

Anne fut baptisée à Gouis le 20 février 1682. Vingt et un ans plus tard, le 14 février 1703, elle épousait Toussaint CHESNEAU, un marchand de tuiles de la paroisse de Notre-Dame de Durtal, paroisse où désormais elle va demeurer.

Acte de mariage de Toussaint CHESNEAU et Anne FARION, 14 février 1703, Durtal, village de Gouis – (AD49)

Le quatorsieme jour de feuvrier mil sept cent trois, je soussigné, prêtre vicaire certifie avoir donné la bénédiction nuptiale à Toussaint CHÊNEAU fils de deffunct Toussaint CHÊNEAU et deffuncte Marie DOUCIN ; et à Anne FARION fille de Guillaume FARION et de deffuncte Françoise BOULAY en présence des parens de l’un et de l’autre part soussignés.

Anne a appris à écrire et elle sait signer. Quelques années plus tard, le 13 décembre 1707 – jour de la prise de possession de la cure de l’église de Notre-Dame de Durtal par  Joseph RAVENEAU, prêtre – est baptisé Toussaint CHESNEAU, son premier enfant. Hélas ! Toussaint CHESNEAU père meurt à peine quelques mois plus tard, le 13 avril 1708. Notez que l’acte de décès précise que le Toussaint CHESNEAU en question est âgé de trente ans, âge qui correspond bien à celui du mari d’Anne FARION.

Un hiver glacial, un enfant hors mariage et un second mari

Mais le premier novembre 1709, à la fin de cette glaciale année, si glaciale que le prêtre a noté dans son registre :

En cette présente année mil sept cent neuf l’hyver a eté si rigoureux que les bleds, noyers et presque tous les autres arbres ont été gelés aussi bien que les vignes et il n’y a par eû de quoy dire la messe. [Durtal, Notre-Dame, BMS-1701-1715, vue 135/220]

A la fin donc de cette si terrible année, je découvre un acte de baptême dans lequel Anne FARION, pourtant supposée veuve depuis presque vingt mois, met au monde un enfant. Cet enfant, nommé François , est le fils de Toussaint CHESNEAU et son père est dit présent au baptême.

 

Le premier novembre mil sept cent neuf a eté batisé par nous curé sous signé François, né d’aujourd’huy, fils de Toussaint CHESNEAU, ainsi que nous l’a declaré Anne FARION sa mère, lequel CHESNEAU père a eté présent au dit bateme, a eté parin François BOULAY et la marainne Françoise ASNETTE tous de cette paroisse qui ont déclaré ne scavoir signer de ce enquis.

J’étais alors persuadée, poursuivant ma lecture du registre de Durtal, que l’acte de décès du Toussaint CHESNEAU du 13 avril 1708 n’était pas celui du mari d’Anne FARION mais qu’il s’agissait de celui d’un homonyme. Quelle ne fut donc pas ma surprise, lorsque je découvris, au cinq août 1710 qu’Anne FARION veuve Toussaint CHESNEAU, épousait … Toussaint CHESNEAU !

Le cinq aoust mil sept cent dix ont épousés devant nous curé sous signé après les publications par trois dimanches sans oposition Toussaint CHESNEAU homme veuf et Anne FARION, veuve de feu Toussaint CHESNEAU, le dit époux assisté de Michel CHESNEAU son frère et d’Estienne ESNAUT son beau frère et cousin remué de germain et laditte épouse assistée de Pierre et François FARION ses cousins germains, la mère dudit époux m’ayant donné son consentement verbal ne pouvant venir à cause de son grand age, présent et témoins Jean LASNE et Pierre LAROCHE. [Durtal, Notre-Dame, BMS-1701-1715, vue 147/220].

Le petit François CHESNEAU baptisé en 1709 était donc un enfant né hors mariage. En relisant cet acte de baptême, on s’aperçoit d’ailleurs de la nuance traduite par ces mots « ainsi que nous l’a déclaré Anne FARION sa mère », formule inhabituelle dans un ace de baptême d’enfant légitime.

Anne et Toussaint CHESNEAU, deuxième du nom, eurent ensemble six enfants qui mourront, pour la plupart, en bas-âge (dont un Toussaint CHESNEAU qui ne vécut que quatre ans). Devenue veuve à nouveau, Anne se maria une troisième fois. Elle épousa en 1723 Jean FRESLON avant de s’éteindre à son tour le 30 mars 1729. Elle était âgée de 47 ans. Pour la petite histoire, ce deuxième mariage m’a aussi permis, grâce à la présence de Pierre et François FARION ses cousins germains, et par des chemins qu’il m’est difficile d’expliquer ici, d’ajouter quelques ancêtres à ma branche FARION.

Mais Anne FARION est surtout l’exemple vivant qu’il ne faut s’étonner de rien en généalogie et que tout est toujours possible, comme avoir deux maris portant le même nom… !

7 réflexions sur “Les maris d’Anne FARION ou quand un Toussaint CHESNEAU en cache un autre…

    1. Non, ils n’étaient pas parents, mais la mère du premier Toussaint avait eu une fille d’un précédent mariage mariée au second Toussaint d’Anne FARION, soit, Anne FARION épouse en secondes noces, le mari de sa belle-soeur défunte… (Oui, je sais… difficile à expliquer, mais en tout cas, pas de lien de parenté, du moins récent..)

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